Mes défauts sont mes défauts !
Je rédige ce texte dans le but d’en réfuter un autre qui affirme, entre autres, que le « défaut » n’existe pas pour la raison que celui-ci impliquerait nécessairement la présence d’un « vide » en nous. Créations de la nature que nous sommes, il serait inconcevable que nous soyons incomplets et constitués de vides. Ainsi, nous n’aurions pas de défauts mais plutôt un ensemble de « qualités » qui formeraient les individus uniques que nous sommes.
Je suis navré pour ceux qui, en lisant le texte, se sont cru dès lors des êtres dénués de tout défaut, adhérant naïvement à la théorie farfelue qui leur a été soumise. J’admet que la perspective de pouvoir un jour prétendre être dépourvu de défaut est intéressante et qu’il est facile de se laisser aller à croire que le raisonnement présenté par ce « psychologue » est logique et fondé, mais il en est tout autrement. Laissez-moi vous faire revenir sur terre…
Ce qui manque ne créer pas de vide
Par définition, un défaut, selon l’auteur du texte, serait « un manque qu’il serait nécessaire de combler ». Sur ce point, je suis d’accord avec lui. Toujours selon l’auteur, ce « manque » créerait un « vide ». C’est là qu’il se trompe. Prenons par exemple une personne impatiente. À cette personne, il manque la patience. Elle lui fait défaut. Elle n’est pas là. L’absence de la patience engendre-t-elle un vide en cette personne? Bien évidement que non, puisqu’elle possède l’impatience. Comprenez-vous bien que de manière très logique, tout individu à qui la patience fait défaut possède inévitablement l’impatience, et vice-versa ? C’est soit un, sois l’autre, mais pas « rien ». Qui peut prétendre ne pas avoir de patience mais ne pas avoir non plus d’impatience, étant donné que l’absence de patience laisse en lui un « vide »? Tout défaut possède son contraire qui vient inexorablement le remplacer s’il s’avère être absent.
Rassurez-vous, vous n’êtes pas « incomplet » si une qualité comme la gentillesse vous fait défaut. Vous êtes simplement complété avec son opposé, la méchanceté. Il vous manque certes la gentillesse, mais son absence est très logiquement comblée et causée tout à la fois par votre méchanceté, il n’y a aucun vide.
Le scénario est bien évidement différent lorsqu’il s’agit de manques physiques comme l’absence d’un bras ou d’une jambe, par exemples. Dans ces cas, il y a présence de « vide » qui s’avère tout de même être bien différent des « manques psychologiques » cités par l’auteur, vous en conviendrez. Maintenant, être amputé est-il un défaut ? Qu’est-ce qui fait qu’on défaut en est un ? Qu’est-ce qui fait que l’on a un manque qu’il serait nécessaire de combler ou non ?
Ce qui fait qu’un défaut en est un